jeudi 25 mars 2010

On the road again

Je suis en Corée! Vous pouvez suivre mes aventures ici.

J'espère avoir des choses intéressantes à partager sur la nourriture, le végéralisme et les droits des animaux vus d'ici. Je vais partager mon premier repas avec le Seoul Veggie Club dimanche - une bonne façon de commencer!

En attendant, quelques photos d'un buffet végétarien découvert par pur hasard à Mokpo.


Des petits rouleaux adorables! Ceux dans du papier de riz contiennent des lamelles de fruits et de légumes, ceux dans des des feuilles vertes contiennent en plus des champignons crus et une sauce à la cacahuète


Sushi! Au premier rang, des maki, à l'arrière plan, des inarizushi - des petites poches de tofu frit fourrées.

Tofu à la sauce pimentée


Gâteaux de riz gluants fourrés à la pâte de haricot rouge. Ce sont des desserts traditionnels Coréens (on en retrouve des similaires au Japon) et ça reste peu sucré et délicieux.

Nouilles soba (à tremper dans du bouillon chaud), germes de soja (ce qui n'est pas du tout hippy ou alternatif ici, on trouve des germes dans toutes les recettes traditionnelles), des légumes crus (vous remarquerez les morceaux d'oignons!) et de tout petits agrumes dont j'ignore le nom.

Bon appétit!

samedi 19 décembre 2009

Folie patissière

Je n'ai rien cuisiné de bien intéressant pendant des mois... et hier, à mon retour de Corée (voir ici!), j'ai été prise d'une crise de patisserie. Ouh la la les folles nuits du weekend chez aelle!




Mexican Hot Chocolate Snickerdoodles (très épicés et absolument délicieux!)





Chocolate Chips Cookies.



Spicy pumpkin muffins to the left, gingerbread flax muffins to the right.



Twinkles bonus shot!

mardi 28 juillet 2009

Tofu loves you



TOFU AGAINST TERRORISM!

C'est encore mieux sans parler allemand...

samedi 4 juillet 2009

repas indien

3 curries pour un repas indien - testé et omni-approuvé cette semaine!

Curry de légumes et sauce à la noix de cajou

- 1 chou fleur, coupé en fleurettes
- 1 carotte, coupée en dés
- 2 pommes de terre de taille moyenne, coupées en dés
- 1 tasse de haricots plats

- 1 oignon, émincé
- 2 gousses d'ail, haché
- 1 morceau de gingembre frais, de la taille d'une noisette, haché
- 3 tomates, hachées
- 1/2 cuiller à café de curcuma
- 1 tasse d'eau
- 1 cuiller à café de sucre
- le just d'un citron

Pour la sauce:
- 2 grosses poignées de noix de cajou, non salées
- 2 cuillers à café de graines de coriandre
- 2 cuillers à café de graines de cumin
- 3-4 clous de girofle
- 1 petit piment
- 1/2 cuiller à café de graines de moutarde

recette.
Faire cuire les légumes dans de l'eau salée. Réserver.

Faire griller les noix de cajou à sec, avec le mélange d'épices. Dans un mixer, ajouter le piment et un peu d'eau pour en faire une pâte homogène. Réserver.

Dans une poelle, faire chauffer de l'huile et faire sauter les oigons jusqu'à ce qu'il prenne une couleur dorée. Ajouter l'ail et le gingembre et faire sauter environ 1 minute.

Ajouter les tomates et le curcuma. Couvrir et laisser cuire quelques minutes, jusqu'à ce que les tomates soient tendres. Ajouter la pâte de noix de cajou et la tasse d'eau, faire mijoter.

Ajouter le sucre et le jus de citron ; ajouter les légumes. Porter à ébullition puis baisser le feu et laisser mijoter encore 4-5 minutes.


Curry de lentilles Parsi

- 1 boite de lentilles
- 3 oignons
- ail, gingembre
- 1 petite pomme, en cubes
- 2 petites tomates, en cubes
- 1L d'eau

épices:
- 1 cuiller à soupe de graines de coriandre.
- 1 cuiller à café de canelle
- 2 cuillers à café de graines de cumin
- 2-3 clous de girofle
en petites quantités:
piment, curcuma, graines de moutarde, noix de muscade, graines de pavot.

recette.

Dans une poêle, faire sauter les oignons avec de l'huile jusqu'à ce qu'ils deviennent dorés. Ajouter l'ail et le gingembre, puis le mélange d'épices. Laisser griller 2-3 minutes

Ajouter les lentilles et les autres ingrédients. Porter à ébullition, puis laisser mijoter jusqu'à ce que tous les légumes soient tendres.. Veiller à ce qu'il y ait toujours assez d'eau.

Mixer l'ensemble en une pâte uniforme. Ajouter éventuellement un peu d'eau si le tout est trop épais. Réchauffer si nécessaire avant de servir.

Aloo Palak - curry d'épinards et de pommes de terre.

- 2 tasses d'épinards, bien tassés
- 2 petites pommes de terre
- 1 oignon
- ail, gingembre
- 1 cuiller à café de curcuma

mélange d'épices:
- 2 cuillers à café de cumin
- 1 cuiller à café de coriandre
- 1/2 cuiller à café de graines de pavot
- 1/2 cuiller à café de cardamome
- 3-4 clous de girofle
- pincée de noix de muscade
- piment

recette.

Faire boullir les pommes de terres dans de l'eau salée en prenant garde à ce qu'elles restent fermes. Réserver.

Dans une poêle, faire sauter l'oignon, puis l'ail et le gingembre dans l'huile. Ajouter les épices et laisser griller 2-3 minutes.

Ajouter les épinards et laisser cuire le tout, jusqu'à ce que le mélange ait bien réduit.

Passer l'ensemble au mixer pour obtenir une pâte homogène.

Dans une poêle, faire chauffer de l'huile et y ajouter le curcuma. Y faire sauter les cubes de pomme de terre, en mélangeant bien pour qu'elles soient entièrement couvertes de curcuma. Réincorporer la pâte d'épinards et réchauffer avant de servir.

(les 2 premières recettes sont adaptées de the Asian Vegan Kitchen par Hema Parekh)

samedi 27 juin 2009

bitch, I'm vegan

I'm smooth like mozzarella made from motherfucking soymilk.


jeudi 11 juin 2009

Awesome vegan care packages

Un nouvel échange de colis.... Erable contre speculoos, cette fois. Hourra à l'amicale internationale des végétaliens!




(The bunny on the note says: When life gives you lemons, squirt the juice in the eyes of your enemies.)
And from my friend Bazu:



Books (thanks so much for the Korean culture guide, I can't find anything else than the Lonely Planet here!!), tea, weird Asian of unidentified origin (I can read 3 of the languages on the package, how crazy is that) candy, weird American candy, and printouts of the pics of our last meetup. And it all came in the green handbag you can see in the back! She also wrote me a super sweet "congratulations on your graduation, getting a job in Korea and all that" card.

Piggy stamps!


dimanche 11 janvier 2009

Vegan Family Christmas

Noël, pour moi (sauf hiatus à l'étranger), s'est toujours déroulé en famille. Dans la maison de mes grands parents, au Pays Basque, sur plusieurs jours, avec tour à tour les cousins, les voisins, les amis de l'autre bout du pays... Ceux qui y voient un intérêt vont à la messe de minuit. On profite du fait qu'on s'aime. On met de côté les opinions qui frottent...

Même chose pour la nourriture. J'ai décidé de ne pas préparer de grand réveillon végétalien qui aurait été soit non partagé, soit non apprécié. A la place, j'ai passé une semaine à préparer des dizaines de petits plats qui ont pu être goûtés, consommés comme accompagnement, combinés et dégustés par tous.

Parmi ceux-là: tarte aux courgettes, piperade, quinoa et petits légumes, falafels, pôellée de champignons, soupe de potiron au piment d'Espelette, poivrons et aubergines grillées, haricots rouges et sauce tomate épicée, tacos, curry d'épinards et lentilles, de très très grandes quantités de hoummous, pommes au four, tarte au chocolat...






vendredi 12 décembre 2008

Menu de la Saint Sylvestre - version 1.0

Je sais, ce blog mérite un post de plates excuses pour le manque de mises à jour depuis un certain temps, mais là on est en situation de crise: je viens d'apprendre que je suis en charge du menu de réveillon cette année.

Public: 2 omnis que ça ne dérange pas de ne pas manger de viande, 2 végétariens qui n'aiment pas cuisiner, une flexi et moi (végétalienne, donc facteur limitant). Buts du repas: être nourissant et délicieux, avoir l'air très chic.

Hic: C'est la première fois que je suis en charge d'un dinner de ce style. Ca ne se fait pas chez moi, ça se fait chez un ami de l'amoureux (2 frontières internationales plus loin, donc.) On va parier sur le fait que la Hollande a plus ou moins les mêmes produits de saison que nous et ne pas trop compter sur les réserves d'ingrédients rares du végé-qui-n'aime-pas-cuisiner (comprendre: trimballer mon agar et mes épices à travers la Belgique).

Menu, premier jet:

Apéritif: blinis au sarasin (from Veganomicon) avec tapenade, paté de tomates séchées et paté noix-champignons (Veganomicon)

Entrée: Bavarois de carottes sauce miso noix (Agar Agar), salade verte.

Plat principal: satays de tofu ferme et légumes rôtis (Asian Vegan Kitchen), rouleaux de courge (Veganomicon), carrés de polenta.

Desserts: verrines crème d'amande / poires (adapté de Agar Agar), verrines chocolat et orange confite (Agar Agar)

Boisson: Champagne all the way (au fait, si quelqu'un a la moindre idée de comment choisir un vin pour accompagner des plats végétariens, ça fait quelques temps que ça m'intéresse!!)

Bon, ça a l'air bien gentil comme ça, maintenant essayons de voir combien de temps ça nous prendrait....

36 Blinis: 1 h 30. Ingrédients rares: vinaigre de cidre, graines de lin, farine de pois chiches, farine de sarasin.
dips: 30 minutes chacun, à réaliser à l'avance.

Bavarois de carottes: 30 minutes, à réaliser à l'avance. Ingrédients rares: agar, miso, tahini (qui n'a pas de tahini dans sa cuisine, je vous le demande...) Nécessite 6 bols de même taille.

Polenta: 20 minutes, à faire à l'avance.
12 Rouleaux de courges: 1h15. Ingrédients rares: vermicelles de riz, feuilles de papier de riz.
Satays: 30 minutes de marinade, 15-20 minutes de cuisson.

Verrines: 30 minutes, à faire la veille. Nécessite plein de petits verres...

Ca m'a déjà l'air bien galère, j'ai l'impression que les rouleaux de potiron seront le petit truc de trop.

Tentative New Year's Eve menu...

Hors d'Oeuvre: buckwheat blinis with tapenade, sun dried tomato dip, walnut-mushroom paté.
Entrée: Carrot bavarois with walnut miso dressing and a green salad.
Main dish: Tofu and roasted vegetables satays, butternut squash brick rolls, polenta squares.
Dessert: almond cream and baked pear verrine, dark chocolate and candied orange verrine.
Drinks: champagne all the way.

The butternut squash rolls, satays and blinis should be made on the same evening. Everything else has to be prepared in advance. Most rare ingredients (chickpea flour, agar, rice paper rolls, miso) will probably have to be carried across Belgium. I'm loving this already.


1.1 Moui. Je pense déjà abandonner les blinis au profit de toasts.... Actually cooking blinis was a stupid idea. I'll be toast or storebought blinis.


EDIT! Les photos arrivent... bientôt!

vendredi 19 septembre 2008

Le retour

Retour en France depuis maintenant deux semaines, et redécouverte - ou même apprentissage, puisque j'étais ovo-lacto seulement avant de partir il y a un an - de petites astuces, produits et endroits incontournables, et tout ce qui rend ma vie culinaire un peu plus facile.

Six choses que j'aime depuis l'atterrissage:

1. Le pain. Ai-je besoin d'en dire plus?

2. Les yaourts de soja aux fruits - même les marques distributeurs sont délicieux, parfaitement crémeux et sans goût de haricot.

3. Mon magasin d'épices (et de farines, et de noix, et de fruits secs...) qui sur une surface minuscule vend à peu près tout ce qui pourrait venir du Maghreb et du Moyen Orient, ou d'ailleurs, à des prix défiants toute concurrence

4. Mon marché - comme l'article précédent, en remplaçant épices etc. par fruits et légumes, et Maghreb-Moyen Orient par la campagne avoisinante.

5. Les fruits, je pense, méritent un article à eux seuls, tellement je suis contente de pouvoir en manger en variété et abondance sans me ruiner complètement - le Japon c'est bien mais les pêches à un euro pièce, hum...

6. Les terrines végétales de Bjorg, qui vont de saveurs "forestières" très, euh, carnées, au très parfumé "Provençal". Elles conviennent parfaitement pour les repas sur le pouce les jours où on n'a ni le temps ni l'envie de faire beaucoup de préparation et de vaisselle.

samedi 5 juillet 2008

Le mythe de Gaïa la bienveillante

Ou pourquoi je ne vois aucun problème à prendre des cachets de vitamine B12.

Pour ceux qui ne le savent pas, la vitamine B12 est le seul nutriment à ne pas être présent en quantités satisfaisantes dans le règne végétal. Cette vitamine est produite par une bactérie (nota pour ceux qui n'ont pas eu le bac grâce à leur note en bio: les bactéries, êtres unicellulaires simplissimes, ne sont ni animaux ni végétaux. Les végétaliens refusent de manger ce qui vient des animaux mais n'ont absolument aucune scrupule à exploiter les bactéries) présente dans les matières organiques en décomposition, que ce soit dans l'humus du sol ou dans le côlon des animaux - y compris le nôtre. En revanche, la vitamine qu'elles produisent ne peut être absorbée par les humains qu'au niveau de l'intestin grêle, et comme en général la nourriture voyage dans le sens inverse, il faut en trouver une autre source. Pour les omnivores ce sera la viande ou les sous-produits animaux ; pour les végétaliens ce sera par le biais de compléments vitaminiques ou d'aliments enrichis - la bactérie est cultivée directement dans des boîtes de Pétri au lieu de l'être dans l'intestin d'une poule, et la vitamine récoltée est ajoutée à des aliments pré-existants ou mise sous forme de cachets ou d'ampoules au lieu d'être pondue.


En France encore plus qu'ailleurs, les suppléments alimentaires ont mauvaise réputation. L'idée généralement répandue étant que si on prend des vitamines - pardon, si on doit prendre des vitamines - c'est qu'on a échoué à avoir une alimentation naturelle et équilibrée. Tout le monde de hurler alors, que le végétalisme n'est pas une alimentation naturelle puisqu'elle nécessite des compléments alimentaires. Et d'amalgamer à tous va: c'est une alimentation non naturelle, naturellement déséquilibrée, non viable, c'est un caprice de riches (ça c'est bien l'idée qui m'horripile le plus, puisqu'au contraire renoncer aux produits animaux est le mode de vie le plus économique en ressources, qui permet alors la meilleure redistribution des ressources de base - eau, blé, haricots, terre arable - vers les humains qui en ont bien besoin. Alors que la population humaine mondiale connait une crise alimentaire, ça me semble être la plus immorale des désinformations.)

Mais tous ces cris viennent d'omnivores qui pour la plupart n'y connaissent pas grand chose en nutrition - au mieux se souviennent-ils de la pyramide alimentaire vue en CE1, et de l'unique jour où ils sont rentrés de l'école en disant à leur maman qu'ils ne mangeaient pas assez de légumes, c'est la maîtresse qui l'a dit! On tend à penser que, puisque le modèle le plus répandu n'a pas l'air de trop mal marcher, ce serait stupide d'essayer autre chose. La vérité, c'est que la plupart des Français, pourtant omnivores et amateurs de fromage, n'ont pas une alimentation équilibrée. On se souvient vaguement du message "viande=fer", et pourtant un tiers des enfants, et un quart des femmes adultes mangeuses de viande sont en carence. D'autre part, on est poussé à croire qu'en ce qui concerne les conséquences d'une alimentation omnivore [en] - élévation du cholestérol, des maladies cardio-vasculaires, des cancers du système digestif - il faut faire avec et qu'il sera bien temps de s'en préoccuper quand on aura 55 ans, alors qu'on sait qu'elles peuvent être réduites par une alimentation basée sur les végétaux. Tout ça pour dire que ceux qui crient à l'alimentation déséquilibrée feraient bien d'ouvrir un bouquin d'initiation à la nutrition avant de s'inquiéter pour nous (c'est gentil, mais je vais très bien, ne vous inquiétez pas!)

Et d'ailleurs, "déséquilibré", ce n'était pas la seule critique, n'est-ce pas? "Non naturelle", c'était l'autre cri de ralliement. Mais qui a une alimentation naturelle aujourd'hui? D'abord, qu'est-ce qu'on peut qualifier de "naturel"? Si par naturel on entend, ce qui existerait sans intervention humaine, alors bon courage. Absolument tout ce qui est consommé par les humains, végétaux et animaux, n'a rien à voir avec sa forme d'origine. Tout être vivant destiné à servir l'Homme a été modifié par un peu plus de dix mille ans de sélections, croisements et décisions humaines, absolument non naturelles. L'idée même de concentrer une certaine espèce sur une surface déterminée et de s'en occuper intensivement pour obtenir un meilleur rendement (c'est à dire, le principe de l'agriculture) est l'antithèse de la nature (qui laisse faire le hasard et a un rendement tout pourri).
Si on fait abstraction de dix mille ans d'agriculture et qu'on entend par naturel ce qui peut vivre et croître, dans l'état, sans intervention humaine massive, alors notre alimentation ne l'est toujours pas, en tout cas pas si on veut qu'elle nous soit bénéfique. Le maïs, même bio, a besoin d'intervention humaine pour produire des graines, les dindes, même élevées en plein air, ne peuvent pas se reproduire autrement que par insémination artificielle, et l'eau n'est potable que si débarrassée de ses très naturels parasites. D'autre part, un humain consommant principalement ce qui peut vivre naturellement près de chez lui (si on entend par naturel sans intervention technologique, que ce soit pêche en pleine mer, culture sous serres, culture hors sol, congélation, import par avion, enrichissement artificiel des aliments) aurait bien du mal à avoir une alimentation saine. A San Francisco ou Kuala Lumpur on s'en tirerait pas trop mal, mais le Chti serait rachitique (pas assez de soleil, donc pas assez de vitamine D, comme dans tout le nord de l'Europe [en]) et le Franc Comtois retournerait à son état naturel de crétin des Alpes.

Heureusement donc qu'on ne laisse pas faire la nature! Comme le bio, les médecines naturelles et le retour aux sources sont à la mode ces temps-ci, il est difficile de comprendre que la nature ne nous veut pas du bien. Les autres éléments et organismes de la nature nous sont au mieux indifférents, au pire veulent nous manger. La nature elle-même ne nous veut pas grand chose, d'ailleurs, elle continue simplement la méthode qu'elle utilise depuis à peu près 3,5 milliards d'années: elle produit des accidents par hasard, la plupart sont vraiment trop mal foutus et meurent, les autres font des enfants s'ils ont le temps. C'est en se battant férocement contre la nature que l'espèce humaine a pu survivre si longtemps sans griffes ou carapace, a dépassé une espérance de vie de 30 ans, garde ses dents, ne perd plus la majorité de ses femmes en couche ou la majorité de ses nouveaux-nés avant 1 an, peut vivre sans trop se préoccuper du tétanos ou de la tuberculose ou du botulisme. Bien sûr les conditions changent et on a tout intérêt à se poser des questions, s'informer, remettre en cause notre mode de vie et de façon générale continuer de faire usage de l'accident le plus caractéristique de notre espèce - notre cerveau démesuré.


Consommer bio, c'est bien; non pas parce que c'est naturel mais parce qu'un raisonnement logique nous montre qu'en l'absence de risques de contamination majeure, comme c'est le cas chez nous, l'utilisation de pesticides est plus nocive que bénéfique. Quand on parle de végétarisme ou de végétalisme, l'argument du naturel n'a pas lieu d'être: notre cerveau nous donne les moyens d'arriver à la conclusion que cette alimentation est globalement bénéfique pour notre santé individuelle, pour la nutrition de la population humaine, pour la préservation d'un environnement dans lequel on aimerait continuer à vivre pendant quelques générations, et aussi qu'il est moralement plus satisfaisant de vivre sans causer ni cautionner de souffrances inutiles chez ceux, humains ou non, capables de la ressentir.

Voilà! Aelle vous a présenté: un ingénieur vous explique le végétalisme. Il y a encore des liens pour information dans la colonne de gauche. Les demandes de clarification, questions intelligentes et remarques pertinentes sont appréciées dans les commentaires, les insultes seront chassées à coup de lattes. Merci, bonne soirée!

mardi 3 juin 2008

les cokies au chocolat les plus moelleux du monde

C'est la troisième fois que je fais cette recette, extraite de Veganomicon, et ils sont toujours aussi bons. La fois où je les ai faits exprès pour en envoyer à l'amoureux malade à l'autre bout du pays, j'ai sauté de joie en constatant que le colis prépayé était bien trop petit pour tous les contenir.



Et comme ils sont époustouflants à la sortie du four, c'est particulièrement difficile de les photographier en grande quantité.

Ingrédients:
2 tasses de farine ordinaire
2/3 de tasse de cacao non sucré (de type Van Houten)
1 cuillère à café de levure
sel

2/3 de tasse d'huile ordinaire
1 tasse et demi de sucre en poudre
4 cuillères à café de tofu soyeux égoutté (à défaut de graines de lin moulues) (optionnel si vous n'avez ni l'un ni l'autre, mais ça sera moins moelleux alors que c'était un peu le but)
1/2 tasse de lait de soja
extrait de vanille
extrait d'amande

jusqu'à 3/4 de tasse de noix, hachées.

Recette:
Comme d'hab, mélanger d'un côté les ingrédients secs, de l'autre les ingrédients humides (ça peut être utile de passer le tofu au mixer, personnellement je n'aime pas trop les grumeaux) puis incorporer les seconds dans les premiers. Ajouter les noix.

Faire des boules de pâte de la taille du cookie voulu (elle monte et ne s'étale pas trop à la cuisson) sur une plaque non adhésive ou recouverte de papier de cuisson et cuire chaque fournée 8 à 10 minutes à 180°C. Comme beaucoup de cookies ils n'ont pas forcément l'air cuit au bout de 10 minutes et pourtant ils le sont - ne pas se laisser berner ! Essayer de ne pas se brûler la langue en les mangeant tout de suite même si c'est tentant.


MIAMMMMM

mardi 15 avril 2008

Kyoto eats...

Pour une fois que je n'oublie ni l'appareil photo, ni de prendre des photos... il y a 2 semaines, j'ai passé un week-end à Kyoto. Shinkansen, sakuras, temples, ryokans, un peu d'organisation. Un amoureux retrouvé sur place et beaucoup, beaucoup de choses délicieuses à partager. Preuve en photo sur le plan culinaire

Pour commencer, un repas traditionnel au temple de Nanzenji. Yudofu, un plat de tofu et légumes mijotant sur la table...


... le bouillon de kombu dans lequel on le trempe, du riz, du thé....


... et des petites choses comme des tsukemono, légumes marinés dans du vinaigre, par exemple.


Après un déjeuner pareil pris un peu tardivement, le diner a été léger - surtout pour moi qui n'ai pas faim en permanence. Dans un minuscule restaurant macrobiotique, nous avons partagé (...ok, j'ai picoré dans son assiette) des croquettes de haricots (la plus foncée sur la photo) et des croquettes de seitan.


Les boissons étaient assez fabuleuses. Jus de mikan pour moi, liqueur de Biwa pour lui, un truc dont l'odeur rappelle fortement de la frangipane (hummmmm).

Le lendemain, après avoir incrémenté notre groupe et une longue marche sous la pluie, nous avons enfin déniché le tout nouveau Café Proverbs


...où nous avons testé curry de lentilles et épinards, gyoza...



...Mapo dofu...



... et des TLTs (Tofu-Laitue-Tomate) attendus impatiemment par les parties concernées.





"Hummmmm, ça a un goût de bacon, ça déborde de mayonnaise, c'est cro bon et c'est végétalien, après avoir goûté un truc pareil limite je pourrai arrêter de faire les choses à moitié et passer du bon côté de la force, avec la fille que j'aime et qui a merveilleusement choisi ce restaurant"

(Vous lisez la même chose que moi sur son visage?)

Nous (...ok, surtout moi, vu que j'ai commandé et payé, mais c'est parce que les garçons sont hypocrites) avons fini par un shortcake fraise-framboise, des cookies au beurre de cacahuète, des biscuits au mocha et un muffin noix-banane, qui pour une raison qui m'échappe n'ont pas eu le temps d'être photographiés.

Après ce déjeuner tardif (encore) et une après midi tranquille à se protéger de la pluie, il a fallu faire un effort pour la dernière partie, mais c'était non négociable, car franchement aucun séjour dans une métropole Japonaise ne serait complet sans son lot de



...euh, pitas et falafels?

Le reste du voyage (câlins, jardins zen, cerisiers en fleurs et longues discussions stratégiques à propos de WoW) n'ont pas grand chose à faire ici mais il y a plus à voir .

lundi 7 avril 2008

le monde merveilleux des snacks végétaliens...

... en provenance direct de Floride, via US Mail, Japan Post et l'organisation parfaite des modos de la PPK.





... Ma partenaire d'échange m'a envoyé de tout, du plus sain (les Lara Bars, essayés dans une boutique bio à Hiroshima, merveilleuses) au, euh, un peu moins (même s'il y a écrit Natural, Good For You et Yeah Mon partout sur le paquet de Tings, ça reste des genres de Curly) mais toujours délicieux.

Elle a reçu en échange un échantillon de ce que le Japon a à offrir de merveilleux : udon, soba, un million de types d'algues différentes, bouillon de kombucha, sembé (des biscuits à la sauce soja), azukis et pois noirs de Hokkaidô, matcha et les accessoires pour s'offrir une cérémonie du thé maison les jours où on n'a pas envie d'en saupoudrer dans ses muffins.

... A-t-on idée du plaisir immense qu'il y a à avoir juste à déchirer l'emballage et ouvrir la bouche pour pouvoir manger??

mardi 18 mars 2008

les Japonaises de 60 ans sont mignonnes, parfois

Est ce que tu manges des algues? Parce que je sais que tu ne manges pas de nouilles qui ont trempé dans du bouillon de poisson, ou que tu ne manges pas de salade s'il faut chercher et jeter les lardons... Comment ça tu ne vois pas le lien? Ben les algues, les petits poissons nagent dedans, tiens!

vendredi 7 mars 2008

6 informations inutiles

Tagguée par Absolutely Green, je me colle enfin au questionnaire qui se répand ces jours-ci sur la blogosphère francophone. Contrairement aux informations tout à fait essentielles que je publie habituellement, voici 6 choses inutiles et que vous n'aviez pas franchement besoin de savoir sur moi. On va essayer de rester dans le thème du blog de hippie, j'ai déjà eu droit à ce genre de listes sur mon blog de fille normale.

. Je ne fais jamais la vaisselle après le diner, toujours le matin avant de préparer le petit déjeuner. La corvée semble moins pénible quand je ne suis pas réveillée.

. Il y a un bloc de tofu extra ferme qui attend au congélo depuis un peu trop longtemps que j'ose me frotter à ma recette de tofu au four et aux asperges. Les asperges, elles, commencent à avoir une sale tête.

. Le dernier aliment non végétalien que j'ai volontairement mangé était un fondant au chocolat. J'avais été invitée à un cours de pâtisserie par une collègue et m'étais promis de participer sans goûter. Forcément, il arrive un moment où tu as du mélange chocolat-sucre-œufs-beurre jusqu'au coude, où il y a la queue pour se laver les mains, où tu lèches là où ça coule... eh merde. Tant qu'à faire, autant goûter le gâteau une fois cuit, aussi.

. J'ai converti un amoureux au végétarisme, une famille (sauf 1) aux cosmétiques végétaliens non testés et toutes mes collègues féminines à la pâtisserie sans œufs sans laitages. *fière*

. Grâce à la mauvaise influence de la PPK, le mot vegan (en anglais) est entré sans problème dans mon vocabulaire et mon identité. Par contre, végétalienne (en fraçais), qui me vient à l'esprit peut-être une fois tous les 2 mois, vu la fréquence risible à laquelle je parle français ces jours-ci, m'apporte toujours l'image de gens maigres, reclus, de mauvaise humeur et qui mangent des algues et des graines germées en pratiquant des rituels new age. Et il me faut quelques instants pour me souvenir que je suis végétalienne en français aussi et qu'aucun de ces éléments ne s'applique à moi*.

. Depuis que j'ai testé les écoles de cuisine (apparemment très populaires ici) et appris qu'il en existe des réseaux entiers dans le pays, je fantasme vaguement sur l'idée d'ouvrir un jour mon propre cours pour particuliers... Bien sûr ce n'est pas pour tout de suite, puisque le simple fait d'avoir accès à une cuisine pro impliquera au moins de s'installer durablement dans *un seul* pays... mais j'y pense doucement.


* Bon, ok, je mange *parfois* des algues et des graines germées, mais je préfère de loin la quiche, les falafels et les muffins à la myrtille et aux noix.

mercredi 6 février 2008

Oh qu'il est beau

Alléluia, voici celui que j'attendais fébrilement...
Chantons la gloire d'Amazon et la JapanPost réunis, qui m'apportent en ce blanc matin de février :



Veganomicon, the ultimate vegan cookbook. Je l'ai emporté au boulot pour le feuilleter pendant ma pause, les collègues ont poussé des oooh et des aaah en voyant les photos et des sugoooooï lorsque je leur ai traduit quelques recettes.

Mes premiers essais n'ont certainement pas eu le temps d'être photographiés, c'est à peine si j'ai eu la force mentale d'attendre de mettre la main sur une fourchette avant de les dévorer. Voila un échantillon, les restes du sandwich aux aubergines grillées et épinards, reconvertis en salade pour mon bento de demain



(Pour vous faire baver un peu plus : ail, olives, tomates séchées, herbes en folie et vinaigre balsamique. Aaaaah ♥♥♥)

jeudi 31 janvier 2008

exotisme

On en apprend des choses sur internet...

The name guacamole comes from Mexican Spanish via Nahuatl ahuacamolli, from ahuacatl (="avocado", or literally "testicle")




Guacamole (dans le genre comme recette il n'y a pas plus facile et plus satisfaisant)

1 citron
1 petit oignon
1 à 2 gousses d'ail
2 avocats bien mûrs
1 tomate
sel, poivre, tabasco, herbes de votre choix

Dans un bol, presser le citron. Mélanger le jus à l'oignon et l'ail hâchés.
Ajouter la chair des avocats et écraser le tout à la fourchette (oui je suis une warrior, je fais mon guacamole sans mixer parce que j'aime bien les morceaux. D'où le choix d'avocats bien mûrs...)
Saler, poivrer, tabasquer à votre goût. Bien mélanger.
Découper la tomate en dés et l'ajouter au mélange. Ajouter les herbes.
Pof, c'est prêt!

A manger en tartine, ou dans une galette de maïs avec du riz et des haricots rouges, ou y tremper des chips, ou (mon truc du moment) en tartiner des feuilles de laitue ou d'épinards pour en faire des rouleaux verts ♥

Et tant qu'on parle d'exotisme, parce que les mélanges les plus extrêmes peuvent être les meilleurs :

lundi 28 janvier 2008

Ananas et noix de pécan

L'idée c'est que je suis étudiante (il paraît) donc pauvre (aussi), ce qui fait que j'achète mes aliments en solde et après je cherche des recettes qui vont bien. Quand on se lance dans ce genre d'exercice ça aide d'avoir une étagère à épices bien fournie (elle frime sur la photo, derrière la casserole)

::Ingrédients, pour 2 à 3 portions::

huile d'olive

1 oignon, émincé
2 gousses d'ail, hachées

sel, poivre, gingembre (1/2 càc), pincée de cumin, quelques gouttes de tabasco

1 à 2 poivrons, coupés en petits morceaux
1 tranche de kabotcha, idem
2 rondelles d'ananas, en petits morceaux
3 champignons shiitake, en petits morceaux... vous voyez l'idée, c'est plein de petits morceaux

1 tasse de riz déjà cuit

1 grosse poignée de noix de pécans



Faire chauffer l'huile puis faire revenir tous les ingrédients à feu moyen à fort, dans l'ordre indiqué. Remuer sans cesse avec une spatule en bois. Retirer du feu quand le kabotcha est fondant et avant que l'ananas ait tout imbibé. Ajouter les noix de cajou tout à la fin pour qu'elles restent croquantes, l'idée étant de mélanger les textures autant que les goûts.

vendredi 25 janvier 2008

weeeee

Changer les habitudes des autres n'est pas facile. Encore plus en ce qui concerne quelque chose d'aussi intime que la nourriture. Dès que la question vegan or not vegan s'est posée à moi, j'ai donc décidé de ne pas m'en soucier. Si on me pose des questions, je répondrai, si je peux participer à des débats intelligents, tant mieux, si j'ai l'occasion de faire goûter ma cuisine à des omnivores curieux, avec plaisir. Mais j'ai décidé depuis le début que je ne partirai pas en croisade pour convertir mes proches. J'ai d'autres priorités que de m'installer dans une communauté végétalienne et faire de chaque repas un conflit, très peu pour moi*

Evidemment c'est difficile, c'est douloureux de voir ceux qu'on aime faire quotidiennement des choix qui heurtent nos valeurs éthiques.On préférerait partager nos valeurs, qu'elles soient mainstream ou pas. Quand quelqu'un nous choquent (pas forcément en portant de la fourrure, ça peut être en votant Sarkozy, en tenant des propos homophobes sans sourciller, en allant poster une lettre en voiture alors que la Poste est à 300m, en frappant ses enfants, en lisant Paris Match ailleurs que chez le coiffeur, que sais-je) et qu'on a décidé de rester amis (c'est à dire ni de rayer cette personne de notre vie ni de faire de chaque conversation un conflit)... il faut soit se taire soit développer des talents de diplomate hors normes.

Parfois, quand la conversation porte sur le goût incomparable des sashimis, l'impossibilité de vivre sans fromage ou les anectodes de la vie dans un ranch, c'est désespérant.

Et à d'autres moments... on se dit qu'on a bien fait de rester.

Quand un ami qui a passé des mois à castrer des veau, qui a juré haut et fort que rien ne se mettrait entre lui et son steak, qui il y a quelques mois parlait du véganisme (rho vraiment, en voilà un néologisme ridicule) comme d'une vie extrême....

...quand cet ami accepte de nous accompagner à un restaurant végétalien et adore tout ce qu'il y a sur le menu....

...quand il passe ses journées à lire un forum veg dont une partie non négligeable des discussions tourne autour du droit animal...

...quand il reconnait qu'il est hypocrite de sa part de se prétendre environnementaliste en continuant à manger de la viande...

...quand il se plaint qu'il n'y a pas moyen de trouver des chaussures sans cuir à sa taille dans ce pays...

...et qu'on lui demande gentiment, mais, au fait, pourquoi tu te poses la question?

et qu'il répond je dois admettre que tu as des arguments pertinents.

(On ne va pas crier victoire, ni lui asséner un A-ha! narquois, on sait que ce sont des petits pas, mais tout de même...)

On se retrouve avec une raison de plus de sourire. Weeeee.


*note: ça marche dans les deux sens alors pas de commentaires hargneux, sarcastiques ou désobligeants ou je vous envoie regarder Earthlings.